CE N'EST PAS LA RÈGLE QUI NOUS GARDE, C'EST NOUS QUI GARDONS LA RÈGLE. (G. BERNANOS)

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SOMMAIRE
ENTRETIEN AVEC...
VIE DE LA JURIDICTION
D’ICI ET D'AILLEURS
HUMEUR
Vous pouvez également consulter le Billet de L'Ordre au format "PDF" en cliquant ICI
IL NE NOUS MANQUAIT PLUS QUE CELA !!!

Dans le maelström des réformes annoncées par la Chancellerie, il en est une dont la presse s'est fait l'écho au moment où je devais préparer cet éditorial ; la suppression des jurys populaires des cours d'assises.

Pour s'en justifier la même Chancellerie a écrit qu'au cours de l'année 2000, la possibilité d'appel des décisions d'assises avait été créée, mais que la simplification de la première instance avait été oubliée !

Replâtrage… ou volonté d'automatiser encore davantage notre système judiciaire au prétexte fallacieux que les jurys se contentent de répondre à des questions sans rédiger d'argumentaire.

Faut-il rappeler que si l'institution des jurys populaires remonte à la Révolution Française, jamais personne n'avait encore osé retirer au peuple souverain le droit de rendre la justice dans des affaires où son bon sens et son intime conviction doivent l'emporter sur tout autre sentiment, aux termes de débats aussi souvent passionnants que malheureusement dramatiques, dans le sens propre de l'expression !
Est-ce là la traduction de l'un des volets du rapport du Comité LEGER qui avait suggéré l'application d'un "plaider-coupable" dans la procédure criminelle ou la volonté d'écarter davantage les avocats d'un prétoire où ils n'auraient plus rien à dire puisque leurs clients se contenteraient de "marchander" leur peine après avoir tout avoué au stade de l'enquête ?...

Certes, l'arrivée de magistrats professionnels, faisant ainsi passer les compositions des cours d'assises de trois à cinq membres, pourrait être saluée comme une avancée mais à l'heure où les effectifs ne cessent de s'amenuiser, est-il bien raisonnable de s'engager dans une telle réforme quand des pans entiers de l'institution sont déjà asphyxiés par manque de moyens ?

Il ne nous manquait plus que cela ! À moins qu’une fois encore, l'effet d'annonce ait pris le pas sur la réalité des choses, et aussi sur un calendrier parlementaire qui à lui seul semble avoir déjà sonné le glas des autres réformes qui avaient pourtant été annoncées, elles aussi, à grand renfort de médiatisation et souvent sans concertation.

De notre côté, et parce qu'il est plus que jamais important que nos Ordres avancent dans une unité concrète, nous avons réalisé le rêve ancien de doter la Conférence des Barreaux d'Ile-de-France d'une véritable organisation structurée qui lui permettra de tenir la place qui est la sienne au côté des autres Conférences Régionales que compte le territoire et qui sont désormais toutes présentes au sein du bureau de la Conférence des Bâtonniers de France et d'Outre Mer.
Cela s'est passé le 9 juin dernier, chez nous, à CRÉTEIL ! Et je suis heureux de l'annoncer au Barreau et à notre fidèle lectorat.

Puisse la lecture de ce nouveau « Billet de l'Ordre » vous enchanter néanmoins !
Bien confraternellement à vous.


Arnauld BERNARD

 

 

 

Arnauld BERNARD
Bâtonnier de l’Ordre

ENTRETIEN AVEC...
Aujourd’hui, Maître Jean-Yves Le Borgne, vice-Bâtonnier de l’Ordre des avocats au Barreau de Paris

Jean-Yves LE BORGNEC'est d'abord une voix ; mais c'est aussi une figure, de celles qui honorent la robe que nous portons, de celles qui donnent à l'Avocature ses lettres de noblesse.
Avocat depuis 1973, Jean-Yves LE BORGNE a consacré sa vie à la défense pénale. Ancien secrétaire de la Conférence, membre du Conseil de l'Ordre, le voilà aujourd'hui aux côtés du Bâtonnier Jean CASTELAIN, Vice-Bâtonnier d'un immense Barreau, celui de PARIS.

Mais ce n'est pas en cette qualité que le "Billet de l'Ordre" a souhaité le rencontrer. L'avant-projet de réforme de la procédure pénale occupe les esprits et suscite les polémiques. C'est donc au pénaliste qu'il a voulu s'adresser.

Maître Jean-Yves LE BORGNE a répondu à nos questions avec simplicité et conviction. Qu'il nous soit permis de lui exprimer ici notre gratitude, notre respect, notre amitié aussi.

Le « Billet de l'Ordre » - On vous sait favorable à la suppression du Juge d'instruction. Voudriez-vous nous dire vos raisons ?

Jean-Yves LE BORGNE - La conduite d’une enquête tend naturellement à identifier l’auteur d’une infraction. C’est donc à la fois une recherche de la vérité, mais aussi un acte de poursuite. Il n’est pas sain que la même autorité judiciaire soit chargée de la poursuite et de l’appréciation de la légitimité des actes intrusifs ou limitatifs de liberté auxquels les investigations donnent lieu. Il convient donc que ces deux missions soient confiées à deux personnalités judiciaires différentes. On ne peut être à la fois le contrôleur et le contrôlé.

Le "B. O." - Mais la collégialité prônée par la Commission dite d'"OUTREAU" et que l'on croyait voir se concrétiser par la création des "pôles de l'instruction", n'était-elle pas de nature à éviter les errements que vous dénoncez ?

J-Y LB - Cette proposition voyait dans la collégialité de l’instruction la réponse à toutes les difficultés, mais elle maintenait le principe de l’accomplissement par une autorité unique, fût-elle collégiale, de la mission d’enquête et de contrôle des libertés.
Elle aurait peut-être été de nature à tempérer les contradictions de la mission du juge d’instruction, pas à les effacer.

Le "B. O." - Si comme vous l'avez dit, "le Juge d'Instruction ne peut être que schizophrène, déchiré entre le respect des principes et l'efficacité de son enquête", un parquet, encore et pour longtemps structurellement dépendant, ayant tout à la fois l'initiative des poursuites et la charge de l'enquête, ne le sera-t-il pas davantage ?

J-Y LB - Le parquet, dans le projet de réforme, ne sera chargé que de l’enquête. Il agira sous la surveillance d’une juge de l’enquête et des libertés. Dès lors, le contrôlé sera le parquet et le contrôleur sera le JEL. Il conviendra néanmoins que ce contrôle existe dès les premiers moments de l’enquête, à tout le moins dès qu’existera une mesure attentatoire aux libertés. Il faudra donc que la surveillance de la garde à vue soit confiée au JEL. Cette suggestion consistant à faire intervenir le JEL le plus en amont possible de l’enquête, fait partie des propositions que le barreau de paris a, sur ma suggestion, faites à la Chancellerie.
La Garde des Sceaux, à l’occasion de sa visite au conseil de l’ordre du Barreau de paris le 8 juin 2010, s’est déclarée favorable à cette orientation.
On retiendra que cette séparation des missions n’est que l’application de la préconisation résultant de l’arrêt MEDVEDYEV (CEDH 29 mars 2010 paragraphe 124) qui affirme l’impossibilité que le contrôle de la garde à vue soit confié au Parquet qui est l’organe de poursuite.

Le "B. O." - Il semble qu'aujourd'hui la question soit renvoyée, sinon aux calendes, du moins à 2012. Alors attachons-nous, voulez-vous, à celle de la garde à vue ? La France est depuis longtemps montrée du doigt et vous-même avez qualifié la garde à vue d'"usurpation policière". La présence de l'avocat à la première heure vous paraît-elle pouvoir à faire obstacle à cette "usurpation" ?

J-Y LB - Il ne s’agit plus seulement de parler de la présence de l’avocat en garde à vue, mais de la réalité et de la plénitude de son rôle de défense. Il faudra donc que l’avocat ait accès à la procédure, puisse s’entretenir avec son client et l’assister lors des interrogatoires auxquels il sera soumis. L’avant-projet de loi semble avoir intégré cette nécessité. Mais il est vrai qu’il retient la 12ème heure pour l’accès à la procédure et un temps plus avancé encore pour l’assistance de l’avocat aux interrogatoires. C’est un progrès par rapport à la procédure actuelle, mais il faudra que le législateur intègre au texte l’idée d’une véritable « judiciarisation » de la garde à vue. Car tel est bien le problème. La garde à vue est originellement un temps non prévu par la loi que la police à peu à peu gagné dans le déroulement de la procédure pénale. La garde à vue a d’abord été un fait. Elle n’est devenue que tardivement une réalité juridique. C’est en ce sens que j’ai parlé d’une « usurpation policière ». Il faut aujourd’hui réintégrer la garde à vue dans l’économie générale de la procédure pénale et lui ôter ce qui lui reste de la période où elle échappait à la loi.
Comme toutes les phases du procès pénal, la garde à vue doit répondre aux exigences du procès équitable.

Le "B. O." - Pensez-vous vraiment qu'une défense pénale puisse être efficacement exercée dans le cadre d'une garde à vue alors que, soit par manque de temps, soit parce que d'autres actes d'investigation pourront être menés de front, l'accès à la procédure ne pourra véritablement avoir lieu ?

J-Y LB - La défense en garde à vue devra demeurer prudente compte tenu d’une information de l’avocat qui pourra effectivement n’être que partielle.
Elle se fera aussi dans l’urgence, c'est-à-dire dans des conditions de confort intellectuel très relatif. Sur ce dernier point, elle s’apparentera à l’exercice difficile de la défense en matière de comparution immédiate.

Le "B. O." - Mais ne risque-t-on pas de "sacraliser" les déclarations d'un gardé à vue, et partant de conforter la religion de l'aveu, du fait de la présence de l'avocat ?

J-Y LB - Plus l’avocat est présent dans l’amont de la procédure pénale, plus il apporte une forme de caution à celle-ci. De la même façon, la dimension de plus en plus contradictoire de la phase d’instruction a donné au rôle de l’avocat un effet de validation de celle-ci. C’est la limite de l’intérêt que représente l’accentuation de la procédure pénale vers le contradictoire.
Jadis, l’avocat qui était absent des cabinets d’instruction (il n’y rentrera qu’en 1897) pouvait s’autoriser une critique vive à l’audience de la phase préliminaire de la poursuite pénale. Il ne peut plus guère se livrer aujourd’hui à un tel exercice sans se voir reprocher de n’avoir pas critiqué plus tôt une insuffisance ou une erreur.
Il y a là un choix philosophique du rôle de l’avocat. L’évolution de la procédure contradictoire est aujourd’hui telle qu’on ne peut plus se placer raisonnablement dans la nostalgie du 19ème siècle.

Le "B. O." - S'il peut satisfaire les "droits-de-l'hommistes", le projet gouvernemental n'est-il pas en fait dangereux certes pour le gardé à vue mais aussi pour l'avocat, notamment au plan de sa responsabilité civile professionnelle ?

J-Y LB - La responsabilité professionnelle de l’avocat ne peut pas constituer un frein à l’évolution des libertés publiques. Un choix de défense expose à tout moment celui qui le suggère à son client.
Est-il concevable que le Barreau s’oppose aux droits individuels et à leur progression pour éviter que les conseils donnés ne l’exposent à des critiques ?

Le "B. O." - Vous paraît-il possible que l'avocat puisse se transporter à tout moment pour une durée indéterminée dans un local de police ou de gendarmerie ?

J-Y LB - La nouvelle garde à vue entraînera de nouvelles obligations auxquelles les avocats devront faire face. Aujourd’hui déjà, l’avocat choisi ou commis d’office intervient à toute heure du jour ou de la nuit, en garde à vue. Est-il concevable que nous nous opposions à des libertés individuelles nouvelles pour protéger notre tranquillité ?

Le "B. O." - Venons-en à la question qui fâche, celle de la rémunération dans le secteur assisté. Pensez-vous que les Ordres puissent commettre autant de confrères que nécessaire alors qu'aucune enveloppe budgétaire n'est prévue ? En d'autres termes, n'allons-nous pas plus encore vers une "justice de riches" à côté d'une "justice de pauvres" ?

J-Y LB - La rémunération des avocats, au titre de leur nouvelle mission, ne peut pas être ignorée par l’État. Il faudra que l’aide juridictionnelle tienne compte de ces interventions nouvelles, plus fréquentes et consommatrices de temps.
Pour le secteur dit « assisté », l’enveloppe de l’aide juridictionnelle devra être significativement élargie. Mais il faut aussi penser à donner à tous, c'est-à-dire aux classes moyennes ne relevant pas de l’aide juridictionnelle, la possibilité d’accéder au droit et donc d’être assisté d’un avocat. On ne saurait se satisfaire de libertés proclamées, théoriques, mais en réalité inexistantes.
Le droit doit s’inscrire dans les faits, dans la vie quotidienne de tous. C’est là un projet social d’envergure que tous les responsables d’une société démocratique doivent avoir à cœur de promouvoir.


Propos recueillis par Élizabeth MENESGUE
N

VIE DE LA PROFESSION
L'ACTE D'AVOCAT : c’est maintenant (ou presque…)

Dans son numéro de mars 2010, le "Billet de l'ordre" vous disait son inquiétude de voir jamais naître l'acte d'avocat que la profession appelait pourtant de ses vœux dans l'intérêt des usagers du droit et que la Commission DARROIS avait en quelque sorte consacré en préconisant de renforcer la valeur de l'acte sous seing privé signé par les parties lorsqu'il était contresigné par l'avocat en lui attribuant une force probante renforcée. Il semble aujourd'hui que ce pessimisme n'était guère de mise.

En effet, à l'occasion du 67ème congrès de la FNUJA le 13 mai dernier à BORDEAUX, Madame Michèle ALLIOT-MARIE, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés, a annoncé que l'acte contresigné par avocat "serait présenté au Parlement dès la deuxième quinzaine du mois de juin".
Cet acte professionnel apportera une sécurité juridique renforcée au consommateur de prestations juridiques en raison de la qualité de l'auteur du contreseing.
Le conseil supplémentaire fourni par l'avocat permettra de s'assurer que chacune des parties à l'acte aura été pleinement éclairée de toutes ses conséquences juridiques.
Point d'optimisme béat toutefois.
Si l'irritation des notaires semble aujourd'hui apaisée, les experts comptables, écartés de ce nouveau dispositif après que l'Autorité de la Concurrence qu'ils avaient saisie ait rendu son avis, continuent à se mobiliser : les voilà en effet qui pourraient fournir des prestations juridiques « à titre principal» à toute personne physique. L'enjeu est de taille dans le cadre de la transposition en droit interne de la Directive Service et de ses conséquences sur la réglementation du périmètre du droit.
Le combat doit donc se poursuivre et il appartient à la Profession toute entière de se mobiliser pour défendre son exercice : si l'interprofessionnalité peut être son avenir, la confusion des professions sonnerait son glas.

AVANTAGES FAMILIAUX
Le droit des hommes…

La Loi de Financement pour la Sécurité Sociale pour l'année 2010 a mis en place un dispositif d'attribution de majoration de durée d'assurance aux professionnels libéraux ayant d'une part mis au monde ou adoptés des enfants et d'autre part assuré leur éducation.

L'article L 351-4 du Code de la Sécurité Sociale est désormais ainsi rédigé :
« I – Une majoration de durée d'assurance de quatre trimestres est attribuée aux femmes assurées sociales pour chacun de leurs enfants au titre de l'incidence sur leur vie professionnelle de la maternité, notamment de la grossesse et de l'accouchement.
II – Il est institué au bénéfice du père ou de la mère assuré social une majoration de durée d'assurance de quatre trimestres attribuée pour chaque enfant mineur au titre de son éducation pendant les quatre années suivant sa naissance ou son adoption. Les parents désignent d'un commun accord le bénéficiaire de la majoration ou, le cas échéant, définissent la répartition entre eux de cet avantage ».
La Loi distingue deux cas, celui des enfants nés après le 1er janvier 2010 et celui des enfants nés avant cette date.
Dans le premier, le texte de Loi prévoit qu'un accord est possible entre les parents à l'effet de déterminer lequel des deux pourra revendiquer le bénéfice des trimestres d'assurance au titre de l'éducation des enfants. Cet accord devra être notifié à la Caisse dans les six mois du quatrième anniversaire de chaque enfant né ou à naître.
En revanche pour les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2010, la possibilité d'un accord entre les parents est exclue. Le bénéfice des trimestres d'assurance sera attribué à la mère, sauf si le père apporte la preuve, avant le 28 décembre 2010, qu'il a élevé seul le ou les enfants pendant une ou plusieurs années au cours de leurs quatre premières années de vie.
Dans tous les cas, l'accord, le désaccord ou la revendication des trimestres d'assurance devra être notifié auprès de la Caisse de retraite du requérant qui sera chargée de l'instruction de la demande et de la notification de la décision.
À défaut de notification auprès de la Caisse dans les délais impartis, tous les trimestres au titre de la naissance ou de l'éducation seront automatiquement et définitivement attribués à la mère.
Disons-le, si ces nouveaux avantages familiaux sont aujourd'hui consentis, c'est à la Caisse Nationale des Barreaux de France (CNBF) qui les réclamait depuis plusieurs années que nous le devons.
Sans doute, les décrets d'application ne sont-ils pas encore publiés mais pour l'heure nul doute que nos confrères ne bouderont pas leur plaisir.

RPVA
L’identification de l’avocat consacrée

Sur proposition du Conseil National des Barreaux, le gouvernement vient d'adopter le décret 2010-434 du 29 avril 2010 relatif à la communication par voie électronique en matièrede procédure civile publié au Journal Officiel du 2 mai 2010.
Il est ainsi libellé :

« Vaut signature, pour l'application des dispositions du Code de Procédure Civile aux actes que les auxiliaires de justice assistant ou représentant les parties notifient ou remettent à l'occasion des procédures suivies devant les juridictions des premier et second degrés, l'identification réalisée lors de la transmission par voie électronique, selon les modalités prévues par les arrêtés ministériels pris en application de l'article 748-6 du Code de Procédure Civile ».

Ainsi donc, la transmission des actes d'avocat par le RPVA vaut signature.
Cette disposition s'applique aux actes de procédure transmis au Tribunal ou à la Cour ainsi qu'aux déclarations d'appel dans les procédures sans représentation obligatoire, sans avoir à éditer de version papier.
L'année 2010 a vu s'accélérer le mouvement pour l'intégration de la communication électronique dans la procédure judiciaire et sa dématérialisation.
Le 1er juillet prochain au plus tard, tous les avocats pourront, sans coût supplémentaire, dialoguer avec leur Cour d'Appel à la condition d'être connectés via le RPVA.
Le RPVA est désormais un outil incontournable pour la profession.

Alors, faut-il le rappeler, et par-delà les polémiques, il est impératif de s'abonner.

(*) Renseignements ou information
www.cnb.fr ou www.e-barreau.fr,
rubrique "s'abonner"

VIE DU BARREAU

UN VISITEUR DE MARQUE : Le Président Alain Pouchelon

Le Président Alain POUCHELONBonhomme et jovial mais pugnace et déterminé, voilà l'homme, tel qu'il est apparu aux membres de notre Conseil de l'Ordre le 20 mai dernier.

À la tête de la Conférence des Bâtonniers de France et d'Outre-Mer depuis le 1er janvier, Monsieur le Président Alain POUCHELON, qui succède au Président Pascal EYDOUX, avait en effet bien voulu répondre à l'invitation de notre Bâtonnier et honorer notre Barreau de sa venue.
Aux questions impertinentes voire perfides qui lui furent posées, le Président POUCHELON a répondu avec une franchise et une simplicité que tous se sont plu à reconnaître.
Il a d'abord dit sa satisfaction de constater que la Profession était enfin en ordre de marche, son unité étant consacrée par le décret qui a placé à la Vice-Présidence du Conseil National des Barreaux le Bâtonnier de Paris d'une part, et le Président de la Conférence des Bâtonniers d'autre part.
Interpellé, le Président POUCHELON nous confiera que "certes ce compagnonnage ne se fait pas sans heurts" mais ajoutera-t-il "les protagonistes ont conscience de sa nécessité. Il traduit en effet à l'égard des pouvoirs publics l'unité de la profession et cette unité porte ses fruits".

Ainsi sans cette unité, l'acte d'avocat, attaqué hier par les notaires et longtemps convoité par les experts comptables, n'aurait certainement pu voir le jour.
S'agissant du RPVA et des attaques dont il a fait l'objet à l'initiative du Barreau de MARSEILLE, le Président considère que l'expertise qu'il a résolu, avec l'accord de son Bureau, de mettre en œuvre, loin de favoriser la polémique et d'être un frein aux adhésions, contribuera au contraire à éclairer pleinement les avocats et à les convaincre des mérites du système.
La question de l'avocat en entreprise que, réunis en assemblée générale le 30 avril dernier, les Bâtonniers de France et d'Outre-Mer ont rejeté quasi unanimement alors même que le Conseil National des Barreaux y travaillait, a également été évoquée. Pour le Président, ce vote était exigé des Bâtonniers qui souhaitaient faire connaître au CNB la position majoritaire de leurs Barreaux respectifs. Le vote intervenu ne signifierait pas qu'il faille mettre un terme à la réflexion ; il commanderait au contraire qu'elle soit poursuivie mais… "dans le bon ordre".
Pour Alain POUCHELON, la question n'est pas de savoir si l'avocat peut aller vers l'entreprise et l'intégrer ; la question est d'abord de savoir quel type d'activité on entend exercer sous le titre d'Avocat. La Profession doit être ouverte à tous les marchés mais ce ne peut être que dans le respect des valeurs qui font son essence même.

Interrogé enfin sur la Gouvernance qui fait elle aussi débat, le Président indiquera qu'à son sens sa réforme est indispensable, commandée qu'elle est par des contingences économiques. "Les ressources des Ordres se réduisent comme peau de chagrin et la mutualisation s'impose".
Mais le ressort des Cours d'Appel ne serait pas nécessairement le plus pertinent. Selon lui, les Conférences régionales seraient mieux à même de répondre à ce besoin de mutualisation, même si certaines doivent faire l'objet d'un redimensionnement.
Ce qui lui paraît certain en tout cas, c'est que le maillage territorial par nos Ordres est absolument indispensable ; lui seul permet à la Profession de couvrir les besoins de justice et de conseil de nos concitoyens.

Pugnace et déterminé, avons-nous dit. Merci, Monsieur le Président…

L’image de l’unité :

LE FONDS D'INTERVENTION SOCIALE (FIS) DU BARREAU
Une réforme nécessaire

Créé à l'initiative du Bâtonnier Daniel-Julien NOEL, dont on ne saluera jamais assez l'implication en matière de protection sociale, le Fonds d'Intervention Sociale a vocation à servir aux membres du Barreau du Val-de-Marne quatre types de prestations : des prêts d'honneur, une allocation de solidarité, des bons de substitution et une indemnité complémentaire maladie.

Cette dernière, conçue avant la mise en place d'un système d'indemnisation réelle au profit de tous, supposait qu'après trente jours d'arrêt de travail constaté par des certificats médicaux, une indemnité journalière de 23 euros soit servie à l'avocat malade pour une durée maximum de quatre mois, à la condition toutefois que l'intéressé, salarié ou collaborateur, ne perçoive pas l'intégralité de sa rémunération (en ce compris les indemnités versées dans le cadre de l'assurance sociale individuelle obligatoire).
La Prévoyance des Avocats (LPA) est venue opportunément assurer à tous cette prestation.
Aussi, le Conseil de l'Ordre, en sa séance du 6 mai, a-t-il résolu de supprimer l'indemnité complémentaire maladie servie par le FIS

Demeurent en vigueur :
• Les prêts d'honneur plafonnés à 4 600 euros et qui ne sont accordés qu'à condition de n'être débiteur d'aucun prêt antérieur. Consentis sur une durée maximum de 24 mois, ils ne sont débloqués que si un virement bancaire au profit de l'Ordre est mis en place.
• L'allocation de solidarité d'un montant plafonné à 1/4 du SMIC et servie aux conditions suivantes :

- avoir exercé 40 années au moins,
- être inscrit au Barreau du Val-de-Marne depuis 20 années au mois,
- être âgé de 65 ans au moins,
- être admis à l'honorariat,
- être en règle des cotisations ordinales et CNBF,

la demande devant être renouvelée chaque année en justifiant de ses ressources et de celles du conjoint ou de son concubin.
• Enfin les bons de substitution versés par 5 et sur justification des audiences pour lesquelles ils sont sollicités, leur nombre étant limité à 10 par mois pendant une durée maximale de 4 mois.

Attention : ces bons de substitution ne peuvent être remis à un collaborateur ou à un associé de l'avocat substitué.
Une réforme bien modeste donc mais dont chacun conviendra qu'elle était nécessaire.

 

ÉMOTION PARTAGÉE
Le Barreau à l’honneur

Le 28 mai dernier, le bâtonnier Arnauld BERNARD et les membres du Conseil de l'Ordre ont ouvert les portes de la salle Serge LEQUIN pour une émouvante cérémonie : en présence de Monsieur Henri-Charles EGRET, Président du Tribunal, de Monsieur Jean-Jacques BOSC, Procureur de la République, de Monsieur
Jean-Jacques ISRAEL, Doyen de la Faculté de Droit de PARIS-EST, de Monsieur Jean NERET, Directeur de l'Institut d'Études Judiciaires et de nombreuses personnalités du monde civil et judiciaire parmi lesquels les magistrats et bâtonniers amis du Barreau, le Président Pascal EYDOUX remettait à notre ancien bâtonnier Élizabeth MENESGUEN les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur.

 

«Il ne s'agit pas », a dit le Président EYDOUX, « de prendre plaisir à quelques congratulations amicales et confraternelles de nature à satisfaire les ego de ceux qui écoutent et de ceux qui parlent puisqu'il s'agit de vous honorer et de reconnaître vos mérites, respectant en ceci, avec enthousiasme et autant de sincérité, les instructions des plus hautes autorités de la République.
Ce moment est officiel. Il l'est pour vous, il l'est pour toute la communauté des avocats et plus particulièrement pour celle des avocats du Val-de-Marne ».
Dans une langue belle, de nos jours trop rarement entendue, avec une élégance non dénuée de chaleur, le Président a brossé à gros traits le portrait de la récipiendaire : « pudique, pragmatique et opiniâtre ».

Ajoutant :
« Vous avez remis au Bâtonnier BERNARD qui nous accueille ce soir un flambeau lumineux et rugissant.
Lumineux puisque vous avouez que le bâtonnat fut pour vous une période d'allégresse.
La spontanéité de votre propos est éclatante et tellement encourageante.
Nous savons que cette charge est exaltante. En un mot qu'elle est belle.
Nous devons peut-être compter trop souvent ceux qui, l'ayant assumée, la considèrent avec l'allégresse que vous avouez.
C'est pourtant vous qui avez raison.
Servir son métier et ses confrères, c'est servir son idéal et c'est aussi le défendre.
L'espace de votre Barreau est en question. Chacun le sait et vous la première l'avez su.
L'espace de la Couronne parisienne est question : identifier la sociologie des populations qui la composent et des besoins de droit qui en résultent n’est pas un travail facile.
Identifier la localisation des avocats, leur appartenance à votre Barreau ou aux autres est un travail à risques.
Au moment où pleuvent, à moins que l'on doive comprendre depuis quelques semaines qu'il faudrait dire "pleuvaient", mais demeurons prudents, les réformes les plus nombreuses, les plus cruciales pour notre exercice professionnel et sa localisation, les plus erratiques aussi, la vigilance s'impose à chacun.
Cette vigilance ne suppose pas néanmoins de refuser tout ce qui survient. La posture est facile.
Elle suppose d'organiser des phases de réflexion, de les imposer à tous ceux qui s'enflamment en faveur de tout ou se déchirent à l'encontre de tout.
Elle impose de présenter à ceux que l'on représente une vision de l'avenir, leur permettant de le concevoir d'abord pour le critiquer ou l'approuver ensuite.
Vous avez assumé ces
exigences. »

Et de conclure :
« Notre bâton, Madame le Bâtonnier, est celui du pèlerin. Partons !
Vous voulez plus encore, vous voulez que le travail soit productif, sans délai, dût-t-il être acharné.

Vous voulez donner l'exemple Madame le Bâtonnier ? Donnez-le ! Qui s'en plaindra ?..
En ayant tenté de vous mieux connaître, je peux croire que vous vous rendez auprès de cette culture tauromachique à laquelle on vous sait attachée, avec la même conviction que celle qui vous a gagnée depuis que la vie a fait de vous la femme que nous connaissons, cette conviction selon laquelle c'est le meilleur qui gagne.
Le propos n'est pas cynique.
Il est réaliste.
Il est adapté aux femmes et aux hommes qui combattent.
Le propos n'est pas issu de l'imaginaire. Il est le reflet exact de ce que sont les avocats. Des combattants. Pour les autres d'abord, et pour eux ensuite.
Notre métier a besoin de
combattants. Non pas de quelques-uns. De tous ».

Soutien à un Barreau frère

Vive émotion chez nos confrères du Barreau d'AUXERRE à la lecture des propos tenus à l'endroit des avocats par Madame Evelyne TRENCHANT, nouvelle Présidente du Conseil des Prud'hommes d'AUXERRE, propos rapportés dans le numéro de L'YONNE RÉPUBLICAINE du 22 janvier dernier.

Selon Madame TRENCHANT « les prud'hommes sont en danger » du fait des avocats responsables de renvois et donc de retards de procédure. Aux dires de l'intéressée : « le renvoi c'est le tiroir-caisse des avocats, c'est une gangrène ». Quant aux conciliations, si leur nombre est ridicule, c'est qu’« il y a des avocats qui ont intérêt à aller devant le bureau de jugement parce que plus la procédure traîne, plus elle rapporte d'argent ».
Alerté par Madame Martine DUBOIS, Bâtonnier de l'Ordre des Avocats au Barreau d'AUXERRE, notre Conseil de l'Ordre en sa séance du 6 mai dernier a, à l'unanimité, adopté la motion ci-après :
« Connaissance prise des propos tenus à l'endroit des avocats au Barreau d'AUXERRE et de leur Bâtonnier par Madame Evelyne TRENCHANT, nouvelle Présidente du Conseil des Prud'hommes d'AUXERRE, le Conseil de l'ordre,
S'étonne qu'un magistrat, puisse manquer ainsi à la réserve et à la neutralité qui constituent l'essence de sa fonction.
Rappelle que les avocats, fidèles aux valeurs de leur serment, sont auxiliaires de justice et qu'ils ont pour mission de garantir aux parties qu'ils représentent le droit à un procès équitable dans le respect du contradictoire.
Dénonce une attaque infondée qui préjudicie gravement à l'image d'une profession réglementée qui n'a d'autre finalité que d'œuvrer pour nos concitoyens.
Exige que les sanctions qui s'imposent contre Madame Evelyne TRENCHANT soient prises par les chefs de sa juridiction ».

VIE DE LA JURIDICTION

LA QUESTION PRIORITAIRE DE CONSTITUTIONNALITÉ EN DÉBAT A CRÉTEIL

Il y avait foule en cette matinée du 11 mai dans la salle A du Palais de Justice de CRÉTEIL, une foule qui rassemblait magistrats, avocats, universitaires et étudiants.

C'est qu'ils avaient entendu dire qu'une révolution était en marche, une révolution juridique s'entend, de celles qui bousculent les habitudes, de celles qui commandent aux professionnels du droit de réinventer leur métier : la question prioritaire de constitutionnalité telle que prévue par la loi organique numéro 2009-1523 du 10 décembre 2009 à effet du 1er mars 2010 relative à l'application de l'article 61-1 de notre Constitution et qui permet aux justiciables, non de saisir directement le Conseil Constitutionnel, mais d'alerter le Juge ordinaire sur leurs doutes quant à la constitutionnalité d'une loi promulguée, le Juge pouvant alors, s'il estime ces doutes fondés, envoyer la question de constitutionnalité au Conseil qui a la possibilité de faire disparaître purement et simplement la disposition contestée de l'ordre juridique interne.

Disons-le tout net, la conférence-débat organisée ce 11 mai à l'initiative du Tribunal de Grande Instance de CRÉTEIL en association avec le Barreau du Val-de-Marne et la Faculté de Droit de PARIS-EST, a connu un formidable succès. Il est vrai que le "plateau" offert à l'auditoire était d'une particulière qualité (*)

Aux propos introductifs de Monsieur Henri-Charles EGRET, Président du Tribunal, et de Monsieur Jean-Jacques BOSC, Procureur de la République, a succédé l'élégante intervention de Madame Jacqueline de GUILLENCHMIDT, membre du Conseil Constitutionnel ; elle nous a opportunément rappelé la genèse d'une réforme qui permet à notre ordre juridique de s'aligner sur la plupart de nos voisins européens en instaurant un contrôle
"a posteriori" de la constitutionnalité des lois.

Madame Anne LEVADE, Professeur à la Faculté de Droit de PARIS-EST, a développé avec brio le caractère "prioritaire" de la question, la
distinguant de la question "préjudicielle".

La question prioritaire de constitutionnalité doit en effet être examinée avant toutes les autres, alors que face à une question préjudicielle, le Juge doit d'abord statuer sur les autres moyens. Il ne sursoit à statuer que si aucun de ces autres moyens ne lui permet de régler le litige.

Et Madame Anne LEVADE de clôturer son propos en indiquant :
"Nous n'en sommes encore qu'aux balbutiements de la réforme ; ce seront les juges et les avocats qui lui donneront sa pleine mesure".

Monsieur Alain LACABARATS, Président de Chambre à la Cour de Cassation, quant à lui a évoqué l'aspect "processuel" de la question et le choix opéré d'un double filtre par la juridiction du fond et/ou par la Cour de Cassation, choix qui a pour effet de conférer un pouvoir d'appréciation "de premier niveau" au juge judiciaire sur la constitutionnalité des lois.

Il a toutefois relevé une lacune dans la réforme : l'absence de procédure de révision ou de réexamen. Car, si la question de constitutionnalité prospère et qu'une disposition est déclarée inconstitutionnelle, elle est abrogée "à compter de la publication de la décision… ou d'une date ultérieure fixée par cette décision".
Dès lors, faudra-t-il initier une nouvelle instance pour tenir compte de la décision de la décision du Conseil constitutionnel ? Et si oui, laquelle ?

C'est à Monsieur le Doyen Jean-Jacques ISRAEL qu'il était donné d'animer la table ronde composée de techniciens qui tous ont bien voulu nous confier leur premier regard sur cette révolution constitutionnelle : Madame Edith BOIZETTE, Présidence de la Chambre de l'instruction à la Cour d'Appel de PARIS, Madame Corinne LEDAMOISEL, Présidente de Chambre au Tribunal administratif de MELUN, Maître Emmanuel PIWNICA, Avocat aux Conseils, Monsieur Xavier DELCROS, Avocat et Professeur de Droit, et notre confrère Jean-Yves LE BOUILLONNEC venu en sa double qualité d'Avocat et de Député autrement dit de "législateur". Tous nous ont fait part de leur enthousiasme pour cette réforme qui a pour "finalité de renforcer les libertés habituelles en consolidant notre Etat de Droit".

La synthèse de ces travaux est revenue tout naturellement au Bâtonnier Arnauld BERNARD qui exprimera haut et fort sa volonté d'associer pleinement le Barreau à cet élargissement du contrôle de constitutionnalité des lois dont on ne peut que se féliciter.

(*) Les minutes de cette conférence-débat seront prochainement mises en ligne
sur le site de l'Ordre des Avocats
au Barreau du Val-de-Marne

www.ordre-creteil.avocat.fr

LE CHANT DES DÉPARTS

Le bruit en courait depuis quelque temps ; la nouvelle est aujourd'hui avérée : Monsieur Henri-Charles EGRET, Président de la Juridiction, nous quitte ; il est nommé Premier Président de la Cour d'Appel de METZ.

À cette nouvelle en a succédé une autre, d'égale importance : Monsieur Jean-Jacques BOSC, Procureur de la République, serait pour sa part appelé aux fonctions de Procureur Général près la Cour d'Appel de FORT DE FRANCE.
Voilà donc notre Tribunal décapité, et décapité doublement.
Il faut bien sûr féliciter comme il sied les chefs de notre juridiction dont les mérites sont ainsi reconnus et le "Billet de l'Ordre" le fait avec joie.
Mais était-il bien raisonnable de priver ainsi simultanément le troisième Tribunal de Grande Instance de France de ses deux plus hauts magistrats ?... Bah, la justice (l'institution s'entend, pas la Vertu) a ses raisons que la Raison ne connaît pas…
Quoi qu'il en soit, hommage soit ici rendu au Président EGRET et au Procureur BOSC qui ont tous deux, durant les années passées, su entretenir avec le Barreau un dialogue franc et loyal en partenaires conscients que chacun était l'instrument d'un même idéal.

D’ICI ET D'AILLEURS

 

Alain MALLETComme nous, ils portent la robe. Comme nous, ils sont des "passeurs d'hommes" à qui ils prêtent leur voix. Ces hommes et ces femmes de cœur et de passion, nous ne les connaissons pas, et pourtant ils sont nos frères.
Le "Billet de l'Ordre" vous propose encore une fois de découvrir l'un d'entre eux : notre confrère Alain MALLET, Bâtonnier de l'Ordre des Avocats au Barreau de CHARTRES.
Nul besoin de vous décrire l'homme et l'avocat ; les propos qu'il a tenus le 23 avril dernier à l'occasion de la première rentrée solennelle de son Barreau parlent pour lui.

« La rentrée solennelle est un moment important pour la vie des Barreaux. En l'instaurant pour la première fois à CHARTRES, j'ai voulu donner à mon Ordre la tribune qui lui revient de droit, celle qui lui permettra de s'exprimer publiquement sur des questions de société de première importance, celle qui l'autorisera à faire valoir la primauté des principes fondamentaux de l'Institution Judiciaire, celle qui enfin lui permettra de défendre les libertés publiques et privées, de défendre l'indépendance de la profession qui fait sa force, de défendre sa déontologie qui impose son respect…

À l'heure des grands changements qui se profilent, il nous appartient mes chers confrères de réaffirmer sans cesse que l'avocat joue un rôle essentiel dans notre démocratie où il doit conserver sa vocation première : être au cœur du débat pour la défense des droits fondamentaux. Cette mission sera d'autant plus efficace que nous conserverons notre cohésion et notre unité indispensables pour avancer et faire face aux défis de demain. Une profession comme la nôtre, aussi ancienne soit-elle, a l'obligation de se tourner vers la modernité.

Aujourd'hui la modernité, c'est notamment la communication électronique dont la mise en œuvre est abordée avec détermination par l'ensemble des Barreaux.

Pour ne pas perdre de vue nos valeurs faisant notre force et assurant notre pérennité, je vous invite à méditer notre serment, tout spécialement en ces temps où il m'apparaît important de réaffirmer ses principes :
la dignité, qui impose le respect mutuel et réciproque,
la conscience, synonyme de rigueur morale et professionnelle,
l'indépendance, indispensable à une défense libre et efficace,
la probité, nécessaire pour gagner le crédit du Juge et le respect de son client,
l'humanité enfin, qui fait l'essence même de notre profession d'être au service de notre prochain.

Notre confrère Jacques VERGES définit la noblesse de notre profession en ces termes : "nous ne sommes pas obligés d'accepter une cause, c'est là un grand privilège et quand nous disons oui au client, sa confiance nous oblige à le défendre par toutes les voies de droit, dut-on déplaire au Prince et à sa Cour".

Enfin pour conclure mon propos, permettez-moi de me tourner vers nos jeunes confrères. À la jeunesse du Barreau de CHARTRES, l'avenir de notre profession et le témoin qui passe de main en main depuis les origines de notre Institution.

C'est elle qui demain affrontera les épreuves, essuiera les mutations et démontrera son courage et sa capacité d'adaptation.
C'est en elle que nous plaçons nos espoirs afin que vivent éternellement notre belle Profession et notre Barreau.
Elle ne manque ni de talent, ni de courage, soyez-en convaincus comme je le suis moi-même, car à travers elle rayonnent notre avenir et notre espérance ».

HUMEUR
Instant de grâce

L'atelier d'éloquence a, entre autres vertus, celle de nous révéler à nous-mêmes et il est parfois des moments de grâce, des moments où l'émotion vous cloue et auxquels seul le silence peut répondre.
C'est l'un de ces moments d'une grâce infinie que le "Billet de l'Ordre" vous invite à partager ici, avec l'autorisation de son auteur, notre jeune confrère Nicolas PODOLAK. Écoutons-le nous dire si, selon lui, "l'émotion permet seule d'atteindre la vérité".

"Il y a des âmes qui sont si fragiles qu'une simple brise de vent suffit à les faire tomber à la renverse".
Sagan

Je la revois Sagan, avec sa clope, sa complexité naturelle, une de celles que l'on dit un peu "à la ramasse", à la renverse.
Quelle autre femme est davantage dans l'émotion que Sagan ?

Sagan, elle a chuté ; elle a chuté dans l'émotion et la chute dans l'émotion, c'est la chute vers la vérité.
On ne tombe pas dans la vérité par hasard, il faut sonder ses émotions et son cœur.
Apollinaire et ses alcools,
Baudelaire et son spleen vous le diraient mieux que moi : il faut, pour atteindre l'émotion, user de bien des drogues, accepter bien des efforts.

Alors, accepteriez-vous d'entrer dans cette chute ?
Dans l'abîme de l'enfance, où l'odeur d'un parfum perdu n'est jamais retrouvée.
La crise d'une adolescence qui éclate.
La peine d'une mère qui voit, un soir, son fils partir et qui se dit qu'elle n'a pas toujours été à la hauteur.
La chute enfin, vers la mort, seul, sans emphase et trop précoce.
Ca y est, je la sens, je la sens poindre l'émotion.
Mais je ne peux pas pleurer.
Pas devant tout le monde.
Et pourtant mon souffle est de plus en plus haletant, mon pouls s'accélère, ma gorge se noue et mes jambes se dérobent…
Mais je vous regarde et je sais ce que vous vous dites :
"non mais il divague celui-là !… Il joue son avocat, son petit secrétaire !..." "Ah, il est malin…".

Vous en avez vu d'autres n'est-ce pas ?
Allez, dites-le moi : vous en avez vu d'autres…
Des pénalistes qui en Assises recherchent l'émotion comme un Apollinaire en manque d'alcool.
Des pénalistes qui en Assises recherchent l'émotion comme un trophée à exposer en soirée…

Allez Sagan, éteins ta clope ! On y va.
Ils ne m'écoutent plus !
Je te l'avais bien dit, pourtant, qu'ils ne se laisseraient pas entraîner comme cela.
Je te l'avais dit que ce n'était pas une bonne idée.
Ce n'est pas grave.
Lorsque je n'avais encore que 10 ans, tu me le disais :
Crois en toi,
Crois en toi,
Crois en toi mon fils !
Je te laisse maman, toi qui ne vis plus que dans mon émotion
Et qui connais maintenant et à jamais la Vérité.


Nicolas PODOLAK

FLASH INFOS

VISIO-BARREAUX

Soucieux de favoriser leurs échanges au-delà de leurs rencontres mensuelles, les Bâtonniers de la Conférence des Cent, qui regroupe les vingt plus grands Barreaux de France hormis Paris, ont résolu de s'équiper en visio-conférence. Aussi ont-ils formé une Société Civile dénommée "VISIO-BARREAUX" dont les statuts ont été signés par notre Bâtonnier Arnauld BERNARD le 12 février dernier.
Son objet ? On l'a dit : faciliter les échanges entre les Bâtonniers des Grands Barreaux mais également développer la formation à distance, favoriser l'audition des parties, des témoins, des auxiliaires de justice via la visio-conférence et contribuer à ce qu'à terme les affaires civiles et commerciales puissent être plaidées à distance.
"VISIO-BARREAUX" en est encore au stade des balbutiements mais gageons que l'outil qu'elle souhaite promouvoir saura gagner l'adhésion de tous les Barreaux de France.

FORMATION CONTINUE, UNE PRÉSENCE EFFECTIVE

« Formation continue, formation obligée ».
Les avocats, rebelles par nature, ne l'entendent guère ainsi. Le "Billet de l'Ordre" croit donc devoir se faire l'écho du Bâtonnier Arnauld BERNARD qui leur a récemment indiqué que « valider deux heures de formation pour une participation réduite à une demi-heure, ne correspond ni à la lettre, ni à l'esprit du texte » et qui a rappelé à tous, la nécessité qu'il y avait à s'astreindre, par respect tant pour les intervenants que pour nos obligations déontologiques, à une présence continue durant les ateliers de formation.
RUPTURE DU CONTRAT DE COLLABORATION : PROLONGEMENT DU DÉLAI DE PRÉVENANCE
Les 9 et 10 avril derniers, le Conseil National des Barreaux a adopté une décision à caractère normatif portant réforme de l'article 14.4 du RNI relativement à la rupture du contrat de collaboration libérale : la durée du préavis sera augmentée d'un mois par année d'ancienneté au-delà de trois ans de présence révolus, et ce dans la limite de six mois.
Cette décision entrera en vigueur dès sa parution au Journal Officiel.
VIE DES SYNDICATS ET DES ASSOCIATIONS

L’UJA en images

UJASoirée de fête en ce vendredi 4 juin !
L’UJA du Val-de-Marne avait invité jeunes et moins jeunes à faire taire pour quelques heures leurs inquiétudes et à chasser la morosité.
Et ils y sont parvenus ! La preuve en images…

Prochains conseils de l’ordre
  • 17 juin, 1er juillet 2010
Les rendez-vous du Barreau

• Le mercredi 23 juin 2010 à 16 heures
Dans les locaux de l'Ordre, Salle Serge LEQUIN
Premier tour du Concours de la Conférence du Jeune Barreau

• Le jeudi 8 juillet 2010 à 16 heures
Dans les locaux de l'Ordre, Salle Serge LEQUIN
En présence de Monsieur Henri-Charles EGRET, Président du Tribunal et de Monsieur Jean-Jacques BOSC, Procureur de la République
Second tour du Concours de la Conférence du Jeune Barreau

CHANGEMENTS DE DOMICILIATION
INSCRIPTIONS AU TABLEAU
DEMISSIONS
• SCP GENEFORT-MALOYER (Nogent-sur-Marne)
• Madame Caroline DARCHIS (le Perreux-sur-Marne)
• Madame Aurélia DESVEAUX (Vincennes)
• Madame Myriam BRITON (Vincennes)
• Madame Adeline SAID MUSTAFA (Vincennes)
• Monsieur Thibaut PETITGIRARD (Villejuif)
• Madame Gaëlle GIATTO NAOURI (Saint-Mandé)
• Madame Isabelle GROBOIS COLONGE (Barreau de Paris)
• Madame Clémentine DUBOIS (Barreau de la Seine-Saint-Denis)